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Ce n’est pas si simple…

Aujourd’hui j’ai entendu que n’importe qui pouvait faire notre métier, que proposer de manger 5 fruits et légumes par jour c’est facile, que faire perdre du poids c’est facile.
J’ai toujours été peu bavarde, calme, je ne me fais pas remarquer, je ne rigole pas fort, je ne parle pas fort, quand je parle, je n’aime pas parler pour ne rien dire… Pour vous dire, au lycée, mes copines me surnommaient “le décor” tellement on ne m’entendait pas. Maintenant que j’y pense, c’est violent quand même, comme surnom. C’est fou comme entendre quelque chose à un moment donné peut aussi nous le faire devenir, comme une fatalité. Combien de fois j’ai entendu des patients me dire qu’ils ont toujours entendu qu’ils étaient trop gros, donc finalement ils n’avaient jamais fait le moindre effort pour changer, c’était eux, trop gros, comme c’était moi, le décor. Cette peur de ne plus être reconnu, ou de ne plus être aimé, peut être, puisque ça fait partie de nous.

Des fois on a cette volonté de changer, quelque chose se passe, le déclic. C’est le moment, notre moment. Il ne sera pas le même pour tout le monde, et surtout pas au même moment, c’est pour ça que chacun doit attendre son déclic, pas la peine de forcer votre mari à consulter s’il n’a pas envie de changer. Parce que ce n’est pas si simple.

Il ne suffit pas de dire qu’il faut manger des légumes à chaque repas. Il ne suffit pas de dire de diminuer le sucre ou les graisses. Il faut écouter, parler, longuement, c’est ça notre métier. Comme je ne parle pas beaucoup, il me reste beaucoup de temps pour écouter, écouter et analyser, c’est ce que j’ai toujours fait, j’aurai pu finir psychologue. Finalement, dans le métier de diététicien, il a aussi cette part de psychologie, une part plus ou moins grande selon les patients. Il faut fouiller, chercher, les amener à parler, à comprendre, à raconter, le pourquoi de la prise/perte de poids, depuis quand, quel événement, c’est très important pour un changement durable des habitudes.
Nos limites sont aussi là, nous ne sommes pas formés à ça, donc nous le faisons plus ou moins bien, finalement ce trait de mon caractère me sert beaucoup en consultation.
Alors oui, on peut perdre du poids en suivant des conseils drastiques de régimes farfelus, ou en se faisant livrer des repas light tous les jours, ou même soyons fous en arrêtant de manger. Bien sûr on peut perdre… Mais que se passe-t-il après ? Quand on arrête tout ça, on retrouve nos vieux démons, nos vieilles habitudes, on a toujours ce quelque chose en nous, qui nous fait prendre du poids. Alors on reprend. Et on s’en veut. Parce qu’on avait réussi à perdre, et qu’on a raté. Ce n’est pas vous qui avez échoué, ce sont ces régimes et autres programmes voués à l’échec aux promesses alléchantes. Faites y attention.

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